16 octobre 2018 Par Alexandra 339

J’écris…

Ce soir, je t’écris ces quelques mots car le temps nous vole nos instants…

J’écris…

Toi, ma tata, tu fais partie de mes plus beaux souvenirs d’enfance.

Chaque hiver, nous passions Noël avec vous soit à la maison soit en Allemagne.

La neige, les éclats de voix, les promenades le soir au marché de Noël vous regardant boire du vin chaud et manger des saucisses pendant que ma cousine et moi rêvions devant la vitrine du magasin de jouets.

Quand j’y repense cela me procure tellement de joie et une sérénité intense.

Puis, le temps a passé le cancer est venu frapper notre famille et a emmené au ciel Mamie en si peu de temps. Puis il s’est attaqué à toi. Quel courage, 7 ans et plusieurs chimiothérapies, tu es un exemple pour beaucoup. Tu t’es battue contre cette maladie, tu es restée forte pour ta famille et pourtant…

Quelle souffrance tu as dû endurer : la faiblesse, les nausées, les douleurs et j’en passe …

Tu es venue en France il y a 3 semaines et je n’ai même pas pu te voir, les enfants étaient malades et tu ne devais surtout pas attraper de microbes.

Quand je pense à toi, je me souviens d’une anecdote frappante qui te représente tellement :

J’étais mal, j’avais 20 ans, la tête partagée entre deux vies. Tu es venue dans ma chambre chez papa et maman et tu m’as mis un billet sur ma table de chevet. Puis tu m’as regardée et tu m’as demandé si j’allais bien. Je t’ai répondu que oui et tu m’as reposé 5 fois la même question de plus en plus intensément.

J’écris… : pour combattre la tristesse

J’ai compris à ton regard que tu savais que je mentais mais que tu ne me demanderais pas plus d’explication.

Quand je suis tombée en dépression tu as toujours été là, près de maman. Chaque jour tu l’as écoutée, conseillée, accompagnée.

Elle t’aime si fort. Sa soeur, sa jumelle, sa moitié, une amitié fraternelle si forte que j’aurais voulu tellement connaître mais grâce à toi et maman je l’ai vécue par procuration.

Alors tata, à l’heure où j’écris ces phrases les larmes aux yeux, tu te bats à l’hôpital, tu parles peu et tu viens de subir une enième opération.

J'écris...

Les médecins ont annulé la chimiothérapie car ils ne peuvent plus rien faire pour nous.

Ne nous laisse pas si vite orphelins, tu as encore tant à vivre, tu as encore tant de rôles à jouer auprès de ta fille.

Je ne suis pas prête à te perdre, pas encore une fois, pas toi, pas ma tata.

J’écris… Pour mettre des mots sur les maux

Ne t’inquiète pas, j’ai pris rendez-vous la semaine prochaine pour me faire diagnostiquer contre ce gène que je déteste tant qui est génétique.

Aller lui faire face au centre de cancerologie tu n’imagines même pas ce que cela peut me faire.

famille

J’ai le ventre qui se noue et j’ai envie d’arracher ma peau pour lui crier en pleine face ma douleur.

Mamie était comme ma deuxième maman, elle m’a été arrachée brutalement puis toi qui est touchée et tant de femmes de notre côté ….

J’ai hésité à faire les 1000 km qui nous sépare pour être près de toi une dernière fois mais tu es trop faible et mon bébé encore trop petit.

Alors, maman m’a dit de t’appeler mais tu parles peu et moi je pleure dès que je dis le mot tata.

Je t’écris dans l’endroit où je me sens le plus chez moi, sur mon blog, mon bout de moi que je partage avec toi aujourd’hui.

Quoi que l’avenir nous réserve, sache qu’à jamais je t’aimerai et que je saurai te rendre fière de moi.

A jamais

Alexandra de Mamantestavis